A cheval sur Ptolémée






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Une oeuvre forte en un point fort


Elle prend place en un point fort de la ville, et à un moment d'incertitude, ou de bascule, où se jouent l'avenir de l'hippodrome et avec lui d'une bonne partie de notre économie, à un moment aussi on nous entrons en période électorale dans une crise de la Covid qui n'en finit pas.

Il arrive d'ailleurs au terme d'un cheminement qui remonte (pensons nous) à 2018, quand le Conseil municipal a donné son accord pour ce don, (à l'unanimité moins les 3 voix de la gauche, mais je n'ai pas encore retrouvé leurs raisons), et qu'il était prévu de l'installer à l'entrée de l'hippodrome.

Pour les auteurs aussi, c'est le sommet d'une longue série : au Cadre noir de Saumur et à Maisons au musée du cheval au château.

Jean-Charles Hachet outre ses oeuvres sculptées, a beaucoup écrit sur l'art et sur sa spécialité, la médecine. Il a réalisé une oeuvre similaire à Ptolémée, le Dialogue du Centaure, pour le Cadre Noir de Saumur.

François Lavrat est connu notamment pour ses girouettes. Maisons possède déjà une de ses oeuvres, Amiral Théodore, exposée au château, dans le cadre du musée du cheval.

Le cheval prend son élan à partir d'un socle formé de livres avec des auteurs qui ont oeuvré à Maisons. On y trouve : :
- quelques signatures bien connues, à commencer par Voltaire et Jean Cocteau ;
- d'autres qu'on peut trouver par exemple dans le livre Maisons-Laffitte sur les pas des écrivains de Jacques Barreau... annoncée dans Histoire locale ;
- les deux sculpteurs ;
- Jacques Myard.

En ce point marqué de l'espace-temps Ptolémée veut donc incarner une symbolique ambitieuse : "Le lien solide qui relie l'approche du scientifique et la démarche de l'artiste. Il personnifie les rapports inaltérables entre la Science et l'Art, entre la culture et la nature, entre le matériel et l'irrationnel, mais aussi l'importance du livre dans la transmission des connaissances et la marche en avant du progrès de l'humanité" (selon la plaquette de présentation).

Une oeuvre qui fait question


C'est une oeuvre puissante, bien dans l'air d'un moment de l'art où l'on s'éloigne de l'abstraction ou du dérisoire ("Merde d'artiste" de. Piero Manzoni, typiquement) pour revenir vers des formes sophistiquées de réalisme.

Autant la puissance artistique de l'oeuvre et sa structure technique sont à la hauteur de la symbolique annonée, autant le choix des auteurs sur les livres du socle semble plutôt opportuniste voire flaglorneur.

Certains pensent qu'il aurait mieux valu, à cet endroit très "artificialisé" pour parler comme aujourd'hui, planter un bel arbre. D'autant plus facile que (à ma connaissance) il n'y aucun souterrain en dessous.

L'emplacement a aussi un inconvénient : il expose l'oeuvre aussi bien aux jeux des enfants qui sont tentés de grimper dessus qu'à de possibles vandalismes par ceux qui ne l'aiment pas et la trouvent trop grande, trop violente, mal adaptée à ce lieu.

Si notre maire parvient à acquérir l'hippodrome et à en relancer les activités, il sera peut-être sage d'y transporter Ptolémémée, qui y sera, comme prévu à l'origine, bien mieux à sa place et à l'abri. Mais j'en connais qui le regretteront en allant faire leurs courses ou en partageant un verre au 46 ou au Cosy.

P.B.
21/11/2021