La santé : de la réparation au design


De gauche à droite : Invention de l'électrocardiogramme (1880). Dessin de Mesen (dans LMI). Bloc pendant la crise du Coronavirus. La médecine de l'avenir...



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Le contexte général (Chronologie)

La médecine, autrefois, c'était le diagnostic qui identifiait la cause du mal et qui y portait remède. On lui demande maintenant de faire la vie plus belle et plus choisie, qu'il s'agisse d'esthétique ou de bien-être, Et c'est très marqué dans les nouvelles générations : "Les jeunes et le bistouri, un amour fou", titre Le Parisien Week end du 26 novembre 2011.

Par exemple, dans les années 1930 encore, le dentiste est essentiellement un arracheur de dents et un boucheur, un peu prothésiste avec les dentiers. Aujourd'hui, prolongé par le stomatologiste, il intervient de plus en plus tôt et plus fort avec les orthodontistes et la chirurgie esthétique de la mâchoire.

Mais prenons l'exemple plus significatif des décisions concernant la vie.

Aux origines de la vie, la sage-femme a été longtemps la seule à intervenir dans des naissances qu'on ne savait guère éviter, mais que différentes techniques de contraception ont contuit au "contrôle des naissances". Ce contrôle pouvant être pris au sens américain de "pilotage"... donc de planning (familial).

Depuis 1942 (voir Wikipedia), un certificat prénuptial (qui n'est plus obligatoire), avait un triple objectif : bilan médical, prévention obstétricale et l'information des futurs époux (grossesse, contraception, maladies sexuellement transmissibles, hygiène de vie).

Depuis 1975, la loi Veil de 1975 autorise l' interruption volontaire de grossesse. Le choix d'une IVG devient de plus en plus informé par de multiples moyens de suivre l'évolution du foetus, notamment l'échographie mais aussi les prélèvements pour analyse génétique.

Symétriquement, la loi Leonetti, de 2005, permet l'euthanasie dans des conditions limitées et avec un ensemble élaboré de techniques médicales. En revanche, la peine de mort a été supprimée en 1981 par la loi Badinter.

Mais l'on prépare un avenir beaucoup plus volontaire.

Sur les naissances, de multiples techniques permettent d'enfanter en dehors des conditions traditionnelles ; insémination aratificielles, mère porteuse...

A terme, le génie génétique nous conduit au "designer baby" . Bel espoir ou horreur selon les points de vue.

A la limite, chacun pourrait refaire lui-même sa propre génétique. Philosophiquement, on passerait alors du "deviens ce que tu es", de Nietzsche qui l'a repris de Pindare (voir par exempleLes inrockuptibles) à "deviens ce que tu veux". Devenant ainsi cause de soi-même et bien sûr immortel, l'humain deviendrait Dieu... avec les paradoxes logiques que cela comporte et implicitement la condamnation morale explicitée par la Bible (Gn 3.24). Je n'invente rien : le "transhumanisme" est activement soutenu par la "tech", avec en tête Ray Kurzweil, chez Google.

Nous voici bien loin des problèmes actuels du Covid et de la "grande sécu". Mais cette évolution est déjà bien visible dans nos pharmacies : les médicaments proprement dits sont distribués au fond du magasin, et stockés dans l'arrière boutique Ils ne sont plus qu'une petite partie de l'horizon du soin, de la beauté, du bien-être, et la dynamique florissante de nos industries du cosmétique et du luxe en témoignent éloquemment.

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Valeurs fondamentales et dilemmes


La santé met en jeu, et en conflit, des valeurs fondamentales entre lesquelles les choix sont difficiles, toujours des compromis plus ou moins occulté.

Le premier est le droit, sinon le devoir, de donner la mort. Cela commence avec l'IVG et finit avec l'euthanasie.

Le second est celui de la solvabilité. En principe, tout le monte a droit à toute les soins de santé. En pratique, les ressources sont limités, et il faut faire des choix. Ils peuvent globaux (niveau de couverture de la sécurités sociale), budget d'Etat voire de l'OMS. Ils peuvent être locaux, comme le tri des malades dans un hôpital surchargé

Il en découle un troisième : l'égalité, le refus de principe d'une santé à deux vitesses. En pratique, il faut s'arranger. En France, le système des mutuelles complémentaires semblait une solution adéquate : un socle identique pour tous, des suppléments pour ceux qui peuvent payer des cotisations plus ou moins élevés. Cela ne semble plus donner satisfaction. Et ne pas oublier la dimension internationale. Le Covid montre bien l'ampleur des inégalités.

Le quatrième est l'opposition entre confidentialité et efficacité. Si toutes des données de santé étaient facilement accessibles à tous (au moins les responsables), on gagnerait du temps et on risquerait moins les erreurs. Mais c'est éminemment dangereux, évidemment.







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