Ceci est une version archivée de LongOeil à 2022-02-20 18:22:18

Longueil, l'attraction présentielle


Retour à l'avenue Longueil - Retour aux rues et places . Retour à l'accueil mansonnien . Dernière révision le 20/2/2022


« L’origine de la fortune des Longueil : Nicolas Chevalier, curieux et collectionneur », Béatrice Vivien. BAC 2007

En 1820, Longuei n'existe pas. Ce n'est qu'un bout de route au mileiu du vide, à en croire le cadastre napoléonien. Une avenue, certes, mais "des petits bois" !

En 1905, l'avenue est entièrement bâtie, des grilels du parc jusqu'au delà du pont de chemin de fer, débordant sur les rues adjacentes (Masson, Prieuré, Paris, Muette, Plantes, Mermoz, Saint-Germain, De Gaulle, Saint-Nicolas, Achères), . Une suite banale d'immeubles disparates et sans style défini. On est loin de la pierre collet-monté des boulevards haussmanniens. Avec de pauvres arrière-cours qui s'étendentn étroites, dans de vagues terrains.

Mais ce bricolage va prouver sa valeur et développer sa vitalité, presque sans changement, jusqu'aujourd'hui. Avec un charme qui en fait "nos Champs-Elysées" ou en moins grandiose mais tout aussi fort, notre cours Mirabeau (d'Aix-en-Provence). Et une animation presque constante 7 jours sur 7.

Pourquoi, comment ?

D'abord l'audace, dit-on, de François Mansart. Ce n'est peut-être qu'un chemin, mais il est protégé par de vastes parcelles.

Ensuite, bien sûr, par l'arrivée du chemin de fer., qui d'emblée déplace le centre de gravité de la ville, autrefois entre l'ancienne églide et l'ancienne mairie. Avec un développement démographique qui oblige bientpot à construire nouvelle église et nouvelle mairie, et même nouveau cimetière.

Alors, Longueil devient le centre de l'actiité aussi bien commerciale que festive, avec son marché hebdomadaire et ses fêtes annuelles, le 14 juillet et la "fête communale". Pour la tranquilité des rivereains, le marché s'éloignera jusqu'à l'ancienne "place publique" qui a remplacé le cimetière une nouvelle fois déplacé aux limites de la forêt. Et l'on supprimera les fêtes, en célébrant ailleurs le 14 juillet et le 11 novembre, et en reportant la musique dans le kiosque construit avenue Malesherbes.

Reste un problème, encore brûlant aujourd'hui : le chemin des Petits-Bois est devenu la route nationale 308 (aujourd'hui départementale). Echec d'une grande déviation avec pont entre Fromainville et Cormeilles, et quelques efforts des automobilistes habitués pour contourner, dans un sens par Canus et Croix Castel, ou par Masson et Mesnil, dans l'autre par Solférino-Prieuré ou par derrière le château.

Au fil des décennies, Longueil a asséché la vie commerciale et conviviale des autres quartiers. Surtout les plus éloignés : avenue de la Pelouse au fond du parc, rue du Gros Murger en lisière de forêêt (voir notre article).







Jacques Barreau consacre trois pages à l'histoire de l'avenue, depuis sa présence sur la carte de Caron 1686 (Nous ne parvenons pas à trouver cette carte). Elle prend son nom actuel en 1863.
...
Ce qui frappe, c'est un développement rapide à la fin du 19e siècle, suivi d'une impressionnante stabilité. Sur le cadastre de 1820, il n'y a rien. Ou plutôt, si nous l'interprétons bien, un vaste espace réservé, par François Mansart lui-même. Sur le plan de 1905, Longueil est entièrement bâti, peut-être depuis une vingtaine d'années, puisque l'épicerie de Longueil date sa fondation de 1880.


Après quoi, le bâti ne change plus... et même les commerces (voir relevé comparatif). Sur l'annuaire de 1937, il y a une pharmacie au 1, le Crédit Lyionnais, au 2, un café au 46 et la mairie au 48, Cela change un peu plus pour les impairs.
- tout le milieu de ce côté, avec notamment l'important Café de Paris, est rasé dans les années 1990 pour un nouvel en ensemble
- en bout d'avenue; "l'asile", l'ancêtre d'une école maternelle, a cédé sa place à la Direction de la Culture.
- s'y ajoute, au 41, l'Office du tourisme.


Sur les affectations, ce qui a changé
- le café de Paris a disparu
- les bazars, et le bricolage en général (et plus tard, disparition de la Ménagère de la gare et de la boutique rue des Plante). Il ne reste qu'ID Brico. Un peu hors ville mais avec parking.
et la montée de Casino, Picard
- des agences bancaires
- des agences immobilières.

En bref, on pourrait parler d'une tertiarisation des activités (banque et agences)... mais respectueuse de la convivialité des terrasses et de la bonne chère.

Et sur l'avenue elle-même, le vaste espace intermdiaire était à l'origine peu déranger par une circulation minime. C'est le lieu des marchés et des fêtes (14 juillet, fête communale).

Vers 1880 arrive le tramway, avec sa caténaire, ses voies, ses bruits. Il sera bientôt remplacé par l'autobus. Et puis arrive la voiture. Déjà signalée par la borne Michelin au coin de la rue de Paris. Puis de plus en plus envahissante, conduisant à l'organisation actuelle avec ses contre-allées et sa double voie centrale. Bruyante, polluante, et dangereuse (encore un décès en 2021).
Le vélo se fait en plus présent, et se voit même privilégié sur les contre-allées, devenues vélorues.



L'aménagement de l'avenue a changé?
C'est d'abord un vaste espace libre, avec seulement une rangée d'arbres de chaque côté.
Dans cet espace peuvent passer les voitures, le tramway puis les bus, et s'organiser marchés et fêtes.

Et puis l'espace central est limité au passage des voiture sur quatre rangs, et les deux côtés s'ornent de contre-allées avec une double rangée d'arbres. Contre-allées qui sont devenies, en 2022, des vélorues.