Place Wagram : que d'émotions autour de ce paisible bassin !

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C'est "le second bassin", en venant de Longueil. Là, on commende à se sentir vraiment dans le parc, mais on va presque en sortir....
A gauche, gravure de Pingret, vers 1838.


Retour aux rues et places . Retour à l'accueil mansonnien Dernière révision le 22/5/2022
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Pour la ballade


Un bout du monde. Le bout d'un certain monde. Le deuxième bassin. Après on n'est plus à l'ombre du château. On va vers le Colbert, avec ses paracoxes (nous en reparlerons), et vers le bout du monde avec son pavillon bleu et son drapeau LGBT.

Ici, faisons la pause, il y a des bancs, autour du bassin et de sa végétation, une des plus beles du parc, aux beaux jours.

Nous sommes sur la ligne de crête, entre la pente d'un côté qui descend vers la Seine, et les grandes allées qui vont jusqu'à Napoléon comme vers Montesquieu.

Sur la carte de Caron (1686), la place s'appelle oval des Mouches (selon le panneau apposé par la Mairie).

En 1820 encore, c'est le carrefour de la Frette. Un nom (inconsciemment) polisson, évoquant les froufrous, la soubrette. Un nom pourtant simplement utilitaire. Ici finit le parc et ses promenades, on entre sur la route. Mystère, d'ailleurs. Comment aller par là à La Frette? . Y aurait-il eu un bac là-bas, en 1820 ?

¨Mais Laffitte a la tête ailleurs. De là il regarde, au loin plus au Nord, l'autre carrefour prosaïquement de Fromainville, dont il va faire la place Napoléon. Pourquoi wagram. Demandons à Wiki.


Tableau de Horace Vernet
La bataille de Wagram (1809) est une bataille de la guerre de la Cinquième Coalition, qui fut décisive pour son issue. La bataille de Wagram fut la plus meurtrière des batailles qui avaient eu lieu jusqu'alors, et ne sera égalée ou dépassée que par les batailles de la Moskova et Leipzig. Après le combat, épuisées et ayant subi de très lourdes pertes, les forces françaises ne peuvent poursuivre leur ennemi. Quant aux Autrichiens, leur situation, déjà très difficile avant le combat, devient désespérée après la défaite

Pas gai, quand même. Et, en 1809, Laffitte avait 42 ans. C'est donc pour lui un souvenir très fort ! Est-ce qie ce choix exprimerait l'état d'âme d'un homme d'âge mûr qui joue son va-tout sur la création même de ce parc ?

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De gauche à droite. La villa Cotton, dans la brochure Pingret (1838). La villa Cotton aujourd'hui et la fontaine, d'après Les fontaines de Maisons, de Jean-Pierre Kosinski>

Pas d'états d'âme, il faut construire. Sur l'estampe de Pingret le centre de la place est occupé par une fontaine. Peu gracieuse peut-être, mais appréciable car on est loin des points d'eau de la ville. Vraisemblablement, sa mise en place a fait partie du plan de Laffitte pour lancer sa "colonie". A l'époque, le ciment ne venait pas de loin en camion-toupie. Le jet d'eau d'agrément viendra plus tard.

Mais les émotions arrivent. D'abord dans le sombre puis dans le léger. itons Georges Poisson : "Cette maison appartenait à l’ancien garde de la Tour de Londres, le Major Cotton. Elle fut vendue par la suite à la comédienne Emilienne d’Alençon qui épousa le jockey Alec Carte". On passe sévère au roman de gare. Trop mignon!

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La 'villa américaine" hier et aujourd'hui

Plus tard, c'est la villa "américaine" qui monopolise les cartes postales. Peut-être parce qu'elle permet de montrer à la fois la place et l'avenue. C'est une grande villa toute blanche et qui appelle la vie de famille. " Cette maison, de par son exceptionnelle galerie couverte a toujours été considérée comme américaine bien que cet élément relève en réalité de l’architecture coloniale anglaise" (Poisson). La villa vient d'être entièrement rénovée, restant toute blanche dans la conformité à son passé. J'allais dire son ADN.

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  • La villa Voltaire aujourd'hui, dont l'entrée porte une plaque à la mémoire d'Arthur Koestler.

En 1934, on revient au grave, La villa Voltaire se transforme en pouponnière pour abriter une trentaine d’enfants de communistes allemands persécutés par les nazis. L’écrivain hongrois Arthur Koestler s’en occupe pendant deux mois.". (Voir un gros dossier des Petites Ecuries (à partir du fonds de Catherine Pagès).

La villa est ensuite réquisitionnée par les Allemands (Archives municipales 4 H 304 et Jacques Barreau_MLMagazine). Et la place fait partie du dispositif de Rommel pour son quartier général. Un des blockaus est tout proche (avenue Desaix).

Vers la ville, la partie large de l'avenue s'offre dans toute sa splendeur joyeuse. Entre les grands roseaux du bassin la perspective s'allonge avec les pelouses, et vous conduit, comme à deux pyramides, aux immeubles qui bordent l'avenue de Saint-Germain, et qui, vus de là, bornent opportunément la vue sans la fermer tout à fait. Et, devant elles, tourne le manège et ses riantes couleurs.



L'avenir de la place ne semble pas menacé par de nouvelles masses de béton. Alors prenez votre temps. C'est un des quelques endroits de la ville où un banc public vous attendent. Allez, comme ces passants décontractés d'hier, posez votre vélo (j'espère que vous n'êtes pas venus en voiture !) et laissez-vous rêver !

PB 2/2/2022


Notes et documents


Le panneau mis en place par la Mairie

Fonds Lutz :de photos et cartes postales



Aquarelle de Jacques Damin










Sur le cadastre de 1820, la place, comme aujourd'hui, marque le rétrécissement de l'avenue, et s'appelle carrefour de la Frette



La rue sur les plans de 1905, 1931 et 1936, et d'après le cadastre (Voir en ligne une version à jour et interactive).