Le progrès en art


Retour à Maisons-Laffitte . Dernière mise à jour le 5/9/2023

Echange avec Le Boucher


Le Boucher. Article de 2015


Il n’y a pas de progrès en art sur le fond, l’effet esthétique. C’est normal au fond puisque l’humain, fondamentalement, n’évolue pas. Nous avons le même ADN que les hommes de Lascaux.

En revanche, les « composants » pour reprendre ton expression, évoluent comme toutes les techniques.

Cela permet une évolution « de l’inspiration » (ton terme), du genre de projet qu’on se donne. Ta comparaison avec la musique « comme si je passais du violon au piano ».

Il peut y avoir de nouveaux projets avec l’apparition de nouvelles technologies. Typiquement, le cinéma.

Et puis, l’art n’a pas toujours un objet purement esthétique, mais fonctionnel. C’est particulièrement vrai en architecture. Saint-Pierre de Rome n’est pas plus « belle » qu’un temple grec, mais elle est beaucoup plus grande, et se prête donc à d’autres liturgies, d’autres célébrations.



Peut-il, doit-il avoir progrès en art ?

Arguments p our :
- Les technologies progressent (numériques en particulier) , et l'art ne peut que gagner à s'en servir, donc à progresser (meilleurs pigments, meilleurs instruments de musique, meilleure connaissance sensorielles?
- La culture des artistes (et des spectateurs) progresse, et leur vie plus longue leur permet de se perfectionner plus longtemps
- L'artiste doit toujours produire de l'inédit, par conséquent ajouter quelquequechose au capital des oeuvres existantes ; il y a donc, à tout le moins, un progrès quantitatif des collections ;
- A quoi bon faire du nouveau si ce n'est pas pour faire mieux ?
- L'artiste est à l'avant-garde du progrès.

- Il y a des techniques vraiment nouvelles, qui lancent de nouvelles formes d'art. Typiquement : le cinéma.

Arguments c ontre :
- L'ADN humain, son organisation corpoelle, ne changent que très marginalement
- L'art a atteint très tôt des sommets indépassables : peintures de certaines grottes préhistoriques, art égyptien, art grec, musique de Bach, de Mozart...
- Certaines peintures d'enfant ou de malades mentaux sont d'une qualité, d'un intérêt égal à des oeuvres d'artistes consommés
- On ne peut pas juger vraiment de l'art, donc l'idée même de progrès n'a pas de sens.
Autres notes :
- La question est liée au problème de la mémoire ; sans mémoire, pas de progrès, on recommence toujours la même chose. Certains mouvements artistiques, comme le Critical Art Ensemble, considèrent que les traces d'une oeuvre "tactical media" en sont une récupération capitaliste. A propos de Marcel Duchamp, on peut considérer que la pureté extrême de ses premières actions de "ready made" ont été détournées (par lui-même d'abord) à des fins purement mercantiles quand on en a fait des reproductions.


Il y a progrès dans la culture :

- de l'artiste ; l'enfant apprend, ensuite souvent, il fixe son cadre (Le Boucher, typiquement), puis vieilliit
Il peut y avoir des ruptures radicales; Picasso, le gars de la machine...

- du public/de la clientèle. Elle évolue avec le temps. Mais surtout, une partie au moins des oeuvres d'art reste visible indéfiniment, et il est donc indispensable de "faire du nouveau" ou de néo- ou simplemebt de recopier
Cela introduit aussi des pertes de sens. Une grande partie de la sculpture et de la peinture religieuse, jusqu'au 19e siècle, na pas a priori de sens pour les gens d'aujourd'hui. Elles peuvent rester belles par leurs propriétés purement "esthétiques.

- dans ce qu'il y a à représenter