Du travail au loisir... et demain le "blurring" ?



Une gravure vers 1850, coloriée par Dom Coutel
Noter que le port est en mesure de recevoir d'assez gros bateaux.




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Jusqu'au 19eme siècle, les bords de Seine sont un espace de travail. On n'y cultive guère, parce qu'ils sont inondables, et sans doute peu fertiles. On y fait paître les vaches. On y chasse. En bas du château la noblesse vient se promener dans le parc du château... mais pas jusqu'au bord, l'accès étant fermé par un ha-ha toujours présent.

En amont du pont (construit en ...), c'est presque une "zone industrielle". On voit et entend tourner les roues du moulin et les machines qu'elles font tourner pour monter l'eau. On y lave le linge, d'abord à genoux au bord de l'eau comme à Ablon (voir carte postale) puis dans un lavoir sans grâce mais qui met les blanchisseuses à l'abri du chaud et du froit, et leur assure une eau toujours à bonne hauteur.

Et puis c'est le port. Pas un vrai port avec quais et grues. Mais une grève où viennent accoster bateaux en tous genre, y compris des yachts. Pendant un temps, ce sera même le lieu d'embarquement-débarquement pour des voyages Paris-Rouen qui combinent le train jusqu'à Maisons puis le bateau.

Un port, avec ses péages et son octroi.

C'est le bac aussi. Assez important pour que la commune en règlemente le service et les tarifs.

Laffitte est le premier à en faire une zone de loisirs. Une immense surface en aval du pont. Elle deviendra l'emblème même de la ville. On oubliera peu à peu le vin des moines (au 5eme siècle) et des vignerons (il en reste un passage près de la vielle église). Les courses, une activité rentable. Avec leur embranchement ferré (quelques kilomètres en forêt puis en en bord de Saine). Puis des tribunes, de plus en plus grandes. Jusqu'à celle d'aujourd'hui avec ses tribunes pour 20 000 spectateurs.

Du haut de son pont, d'abord de bois, les locomotives déversent leurs suies et leurs fumées, qui se joignent à celle des bateaux et remorqueurs à vapeur. Ca ne devait pas sentir tellement bon, avec les égoûts qui devaiente se déverser dans la Seine. Les saletés que génèrent tout port, et même les savons de la lessive..Et sans doute, assez tôt, les services techniques de la mairie.

Et puis, peu à peu, l'amont du pont lui-même perd son rôle économique. En amont du pont, les vaches continuent à passer le bac très tard (jusqu'aux années 1950 ?). Le moulin n'a plus d'utilité depuis le forage du puits artésien. Mais il faut tout de même une usine des eaux. On y voit quelques ateliers. Ici aussi, ce sont les loisirs qui prennent le relais.

D'abord dans l'île. Avec le camping, avec son pont sur le petit bras en bas de la rue Johnson.

Puis c'est le rugby, en amont du pont de chemin de fer. le rugby. Puis la partie aval avec une zone sportive de plus en plus aménagée. Avec ses stands de tir au fusil et à l'arc. et aujourd'hui des hectares de terrains de sport en tout genre.

L'île s'orne aussi d'oeuvres d'art : tombe de Brice, art brut avec des têtes en bois.

Mais la berge aussi devient un vaste de parc de loisirs. Un vaste assortiment d'agrès, surtout pour les enfants. Ce qui aurait surpris nos ancêtres : les enfants "du château" ou "du parc" n'allaient sûrement pas jouer dans ce bas de ville "industriel". Quant aux enfants d'agriculteurs ou d'ouvriers jusqu'à la belle époque au moins, on les faisait surtout travailler. Comme dit la chanson Vive les Bretons : "Quand mon père monte sur ma mère, ce n'est pas pour s'amuser, c'est pour faire un petit frère qui gard'ra les vaches aux champs"...

Et bien sûr le POPD qui domine le tout avec ses vastes superstructures. Mais aussi le chemin de la digue, qui remonte loin en amont, le long du petit bras.

Pour l'avenir, c'est l'hippodrome qui fait question. Il restera au moins le golf. Et quid de l'établissement de Veolia ?

Mais le blurring pourrait aussi ramener les télétravailleurs en bord de Seine. Et même à l'hippodrome si la Mairie parvient à réaliser son projet d'installations d'acdtivités derrière les tribunes.

Sans oublier les petits jardins à droite du chemin en allant vers le camping.

En tous cas, nos bords de Seine témoignent éloquemment que nous sommes dans une civilisation des loisirs. Où la propreté et l'électricité ont chassé les saletés et les mauvaises odeurs d'autrefois.