Gouvernance des réseaux sociaux


Echanges de Pierre Berger avec Claude Salzman. 2/2021

PB. Un enjeu majeur, pour les DSI comme pour la gouvernance en général, sera de prendre en compte ces écosystèmes (en référence au livre de Sébastien Soriano "Un avenir pour le service public" (Odle Jabob 2022)), de les réguler peut-être, mais plus encore d’y trouver une manière nouvelle de concevoir et de construire.

CS. Les réseaux sociaux c'est l'absence de gouvernance et je ne suis pas sûr qu'un règlement européen va régler cela. Je pense qu'il faut qu'une équipe de juges ait la clé pour directement supprimer les textes ou les vidéos qui sont contraire aux lois sur simple plainte. Le confier à la gendarmerie me semble risqué et laisser cela aux opérateurs me semble illusoire.

Je pense qu'il faut qu'une équipe de juges ait la clé pour directement…

PB. Il faudrait des milliers de juges (document joint)
  • Intéressant que tu rejoignes les réflexions d’un ami, qui cite Mathieu Boch-Côté … La vraie démocratie consisterait donc à bâillonner la majorité, en déplaçant la souveraineté de plus en plus vers les tribunaux.

CS. Non il ne faut pas des milliers de juges. 2 seuls suffisent. La plateforme Pharos gérée par l'OCLCTIC de la Gendarmerie reçoit 3.500 plaintes par semaine qui sont traitées par 25 fonctionnaires mais dans la masse il n'y a que 300 à 400 plaintes par an ! (Voir : cet article . Il date de 2016 et il est un peu ancien.

Je crois qu'ils sont aujourd'hui 30). 400 plaintes par an c'est 2 par jour travaillé et s'ils sont deux c'est un par jour et par personne. Par contre il y a une forte astreinte mais il peuvent supprimer des messages avec leur PC ou leur smartphone de chez eux et même du restaurant (lorsqu'ils seront rouverts). Ce n'est pas le bout du monde. De plus, si les Facebook et autres se font contrôler ils seront plus attentifs et il y aura moins de plaintes valables.

Que la réception des plaintes et le tri soit fait par les gendarmes sans contrôle judiciaire me semble déjà bizarre à la limite de l'acceptable mais surtout ils n'ont pas le pouvoir de rendre la décision exécutoire. Donc ils transmettent aux services compétents et cela prend des jours et des semaines. Face à ce type de délit, il faut agir très vite.

On efface d'abord ou on bloque le site puis ensuite, si c'est nécessaire et si on trouve l'auteur, on sanctionne. De plus on peut sans problème lever l'anonymat par l'adresse IP et l'heure de la mise à jour et là aussi les opérateurs téléphoniques doivent être responsabilisés comme doivent l'être les entreprises ayant des réseaux sociaux, des forums,.. C'est la responsabilité de l'éditeur. C'est ça la gouvernance des SI !

PB. Waw ! C’est un beau sujet en soi.
On pourrait faire une réunion consacrée à cette question.

Autres points de vue : mettez un mail à pmberger@orange.fr