Longueil : construite d'un coup, puis très stable

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En 1820, sur le plan cadastral, Longueil n'est qu'un espace réservé (avec clairvoyance). En 1905, l'avenue est entièrement bâtie, et telle qu'aujourd'hui à l'exception de l'ensemble de 23-23bis)
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En 1820, Longuei n'existe pas. Ce n'est qu'un bout de route au milieu du vide, à en croire le cadastre napoléonien. Une avenue, certes, mais "des petits bois" !

En 1905, l'avenue est entièrement bâtie, des grilles du parc jusqu'au delà du pont de chemin de fer, débordant sur les rues adjacentes (Masson, Prieuré, Paris, Muette, Plantes, Mermoz, Saint-Germain, De Gaulle, Saint-Nicolas, Achères), . Une suite banale d'immeubles disparates et sans style défini. On est loin de la pierre collet-monté des boulevards haussmanniens. Avec de pauvres arrière-cours qui s'étendentn étroites, dans de vagues terrains.

Pourquoi cette médiocrité ? Hypothèse : les personnes aisées habitent ailleurs, dans de belles villas du parc ou de la ville. Il s'agit donc de loger les commerçants et leur personnel. Plus qu'une avenue, Longueil est un vaste espace libre, pour les marchés et les fêtes.

Les phases juridiques de cette transformation sont décrite par Jacques Barreau, qui consacre trois pages à l'histoire de l'avenue, depuis sa présence sur la carte de Caron 1686 (Nous ne parvenons pas à trouver cette carte). Elle prend son nom actuel en 1863.

Ce changement découle de la volonté de Jacques Laffitte qui lotit le parc et fait arriver le train, avec une station à Maisons bien qu'à l'époque la ville n'ait qu'une faible population. Mais, du coup, l'intervalle entre la gare, le parc et l'ancien village devient le centre de gravité de la ville. Nouvelle mairie et nouvelle église (Saint-Nicolas) l'expriment énergiquement.

Dans l'entre-deux guerres, c'est surtout "la ville" qui se peuple de plus en plus, ainsi que le petit parc et les alentours du temple protestant. Avec une multitude de pavillons à la joyeuse diversité. Nombre de grandes parcelles se lotissent en impasses.

Dans les années 50, c'est dans le parc que se construisent de très nombreuses résidences, des plus cossues aux plus "sociales", en particulier au square Lekain.

Mais la voiture envahit Longueil. Son centre n'est plus que "la N 308" avec son cortège permanent de voitures et de poids lourds. Et les parkings envahissent le reste.

Dans les années 90 que presque tout le côté des numéros impairs est rasé et remplacé par un vaste ensemble. Les nostalgiques rerettent le style et l'ambiance ancienne, les bazars et le café de Paris. Mais les surfaces alimentaires de Casino et Picard, et toute une série de commerces, ne donnent que plus de vitalité à l'activité commerciale et sociale de l'avenue.

La nature des commerces ne change par tellement, sinon par une tertiarisation. Banques et agences immobilières remplacent bazars et cafés. En revanche, l'alimentaire reste roi, de même que les cafés et restaurants avec leurs terrasses et leurs espaces intérieurs.

Au fil des décennies, Longueil assèche la vie commerciale et conviviale des autres quartiers. Surtout les plus éloignés : avenue de la Pelouse au fond du parc, rue du Gros Murger en lisière de forêt (voir notre article). Même les avenues adjacentes (De Gaulle, Saint Germain notamment) voient se fermer les magasins. Par exemple, sur De Gaulle, la mercerie et plus loin la pharmacie.

La concurrence des grands surfaces (notamment Carrefour à Montesson) ne freine pas l'activité de Prisunic puis de Casino. A fortiori celle des commerces de qualité (Epicerie de Longueil, pâtisserie Durand, Paul et Catherine...).
En revanche, le vaste espace central de l'avenue, est peu à peu sacrifié. Vers 1880 arrive le tramway, avec sa caténaire, ses voies, ses bruits. Il sera bientôt remplacé par l'autobus. Mais c'est surtout l'automobile qui envahit tout. Présente dès la belle époque, comme nous le rappelle la borne Michelin N 308. Mais surtout pendant les 30 glorieuses, de l'automobile. Tant pis pour le marché, tôt transféré à son emplacement actuel. Tant pis pour le fêtes, et tant pis pour la pollution. Sans parler des dangers de cette grosses circulation, qui tue de temps en temps.

Certains regrettent les chevaux comme moyen de transport. La ville leur fait quelques clins d'oeil, avec des gendarmes à cheval, les services occasionnels d'une calèche, ou le ramassage des arbres de Noël après les fêtes. Mais les anciens n'ont pas oublié l'abondance malsaine et malodorante du crottin (que les cartes postales se gardent bien de montrer).

Les plans n'ont pas manqué détourner voitures et camions. Par exemple d'une grande déviation avec pont entre Fromainville et Cormeilles, et quelques efforts des automobilistes habitués pour contourner, dans un sens par Canus et Croix Castel, ou par Masson et Mesnil, dans l'autre par Solférino-Prieuré ou par derrière le château. Mais ce n'est que marginal.

A partit de 2020, les vélos (plus les patinettes) font sentir leur pression. Les arceaux se multiplient pour les arer. Et, en 2022, les contre-allées deviennent des vélorues.