La gare de Maisons : des machines et des humains

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A gauche, la gare vers 1900. Outre les deux voies de circulation, le bâtiment principal, typiquement standard, mais aussi la troisième voie et la gare de marchandises.(fonds Olivier Faure). A droite, vue actuelle.

Retour aux rues et places Retour à l'accueil mansonien Dernière révision le 23/9/2022
Références documentaires . Images, photos, cartes postales

Voir aussi Place de la Libération . Place De Lattre de Tassigny
l'art à la gare
Sur l'ambiance du quartier, voir Bureau de vote no 1

Au 23/9/2022 : Deux sont en cours de réalisation :
- aménagements des bâtiments pour utiliser les sous-sols
- mise en place d'un "bungalow de stockage" le long des voies.
Un troisième a été déposé à la mairie, pour une réhabilitation globale de la gare et des accès.
Tout cela semble en relation avec l'arrivée d'Eole... qui prend du retard.
(Et ça ne serait pas du luxe de réparer la pendule, importante à cet endroit aussi bien pour les voyageurs que pour les passants... Cela fait des semaines qu'elle marque 11h07 !

De multiples volets


Le train, ce fut l'apothéose de "la machine", avec ses bielles, ses pistons, sa fumée, son sifflet dans le soir. Mais ce fut aussi, et c'est toujours, une formidable aventure humaine.

Revivons cette histoire, où les images comptent autant que le texte,
- en déroulant le film de l'histoire, du passé le plus lointain qu'on connaît jusqu'aux perspectives d'avenir.
- en partant au ras du terrain, avec les voies, pour aller jusqu'aux humains, voyageurs et personnels.


1. Des voies
Z. Des bâtiments
3. Des machines. 1. Le matériel roulant
4. Des machines 2. Données, calcul, réseaux
5. Des voyageurs
6. Un personnel : les cheminots et quelques autres
Autres documents et références

On trouvera sur le site des archives municipales un récit précis des évolutions et l'indication des dossiers d'archives correspondants.

1. Des voies

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Gravure dans la brochure de l'inauguration. Les voies aujourd'hui.

Dès 1825 est formulé un projet de ligne. Le tracé est approuvé en 1941, et la ligne inaugurée en 1843. Il n'y a d'abord qu'une voie, puis deux, pus une voie latérale pour les marchandises, avec un courte voie perpendiculaire pour stocker quelques wagons.
Vers la fin du 19eme siècle, création d'un embranchement vers l'hippodrome. Les Allemands le retirent en 1942.

Voir plus bas les souvenirs de Dom Coutel.

En 1966, la ligne est électrifiée.
En 1986, la connexion avec le RER exige une quatrième voie, ce qui obligera à démolir l'ancienne gare, à la remplacer par une nouvelle, et à refaire le pont.

L'avenir : Eole et LNPN
A partir de 2020 environ, la SNCF prépare le passage d'Eole qui ne s'arrêtera pas à Maisons mais augmentera les nuisances sonores. Par exemple elle fait, à ses frais, des travaux d'insonorisation dans les maisons qui bordent la voie (notamment rue de la Passerelle).

A l'horizon plus lointain se prépare la LNPN (Ligne nouvelle Paris-Normandie). Mais il semble prévu que cette ligne soit en souterrain depis Nanterre jusqu'à Vilennes. Donc sans conséquences pour Maisons.


2. Des bâtiments


Le bâtiment de la gare proprement dite n'est que le coeur d'un vaste espace. Ici, à Maisons-Lafitte, deux places :
- la place de la Libération, espace complexe techniquement et humainement problématique;
- la place du Maréchal de Lattre de Tassigny, où était l'ancienne gare, et qui a toujours été beaucoup plus simple.

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De gauche à droite : la première, la chérie des cartes postales, l'actuelle.

D'abord très simple (ici, en 1846). Elle est assez tôt remplacée par un modèle standard "type SNCF", plus ou moins complétée par des auvents de part et d'autre des voies.

En face, la gare de marchandises, d'abord tout près du pont. Puis, à la demande des riverains, reportée plus haut, entre rue d'Achères et rue Puebla. 1906 (mais figure déjà sur le plan de 1905) . L'activité marchandises a été importante en particulier à l'époque de l'usine de Borax (entre 1880 et 1914 environ) et un peu aussi pour le chantier naval.


La gare actuelle ne plaît guère, et s'abîme. Serat-il possible un jour de la remplacer par un design mieux adapté à notre ville ? De toutes façons, les parties métalliques se dégradent et ne tiendront pas éternellement.

Par ailleurs, la suppression des guichets pourrait conduire à en revoir substantiellement le design. En relation avec les autres volets du "pôle gare" ?

3. Des machines. 1. Le matériel roulant


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Le train, c'est la machine. Et la machine à vapeur, sale et bruyante, n'en était pas moins bien plus fascinante que les locomotives d'aujourd'hui, complètement carénées pour l'aérodynamique : elle avait "ses tripes à l'air".

Voir, entre autres, le beau dossier documentaire par Canalblog (professeurs d'histoire), à qui nous empruntons la photo de machines ci-dessus.

Emile Zola en a fait le symbole même d' l'industrialisation dans "La bête humaine". Et il est monté à bord pour la comprendre. Mais il a été beaucoup plus loin : il a montré comment le train combine deux niveaux de systèmes : le niveau local/technique et le niveau global des Compagnies. Maisons-Laffitte témoigne éloquemment que le train n'y est pas seulement une vision d'ingénieurs, mais autant sinon plus, de grands entrepreneurs avec leurs systèmes de gestion.

Cela dit, à part l'écartement des voies importé d'Angleterre, il n'y a pas grand chose à avoir entre entre les trains d'autrefois, avec leurs petites locomotives tirant quelques petits wagons pour une centaire de voyageurs et les grandes rames d'aujourd'hui.

Et bientôt arrivera Eole, mais, à Maisons-Laffitte, il se contentera des voies existantes.

Si le matériel roulant continue d'évoluer, ce sera sans doute pour le rendre moins énergivore (et moins bruyant ?). Mais, plus encore, ce sera dans son informatique,
- vers une automatisation de la conduite, de pair avec une augmentation de la sécurité
- dans son insertion toujours plus profonde avec l'ensemble des applications informatiques du transport.

4. Des machines. 2. Calcul, données, communications

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De gauche à droite : les fils télégraphiques dans le far-west de Lucky Luke (vers 1950), Signaux et commandes d'aiguillages en gare de Maisons. Poste de conduite d'un rame récente du RER.

Un train n'est jamais un mobile tout à fait isolé. Il n'y a pas de trafic ferroviaire efficace sans télécommunications. La naissance des chemins de fer va de pair avec le développement du télégraphe, puis du téléphone, puis des réseaux informatiques, du GPS...


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De gauche à droite : l'indicateur Chaix, source de base sur les horaires presque jusqu'en 1976. Ecran indicateurs d'horaires. Et le petit écran du smartphone avec l'application d'information Connect (quelques bugs au moment où nous écrivons ce texte).

Le chemin de fer, c'est aussi l'information des voyageurs. Autrefois on s'informait des horaires avec les horaires imprimés par Chaix. Aujourd'hui, on s'informe sur Connect (2022), Mais pratiquement tous les voyageurs ont leur smartphone, à toutes fins utiles (musique, jeux et même... téléphoner) et de n'importe où peuvent savoir où en est le trafic avec l'application SNCF Connect (2022)

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Enfin, le train, c'est la distribution des billets et le contrôle des voyageurs. Ces fonctions sont de plus en plus automatisées. Ici, de ce côté du pont : les trois fonctions automatisées : information des voyageurs par écrans, prise de billets sur le distributeur et contrôle des accés. Plus les caméras de surveillance.

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A gauche, le panneau qui masque l'ancien bureau grandes lignes. A droite, des guichets qui devraient être bientôt déserts.

Il en va de même dans la gare elle-même. Jusqu'en 2010 environ, il existait un bureau pour réservation des billets grandes lignes. Il a été fermé. Et on annonce qu'il n'y aura bientôt plus de guichet pour les billets ordinaires.

Allons plus loin : avec les progrès des réseaux, des fonctions sur téléphone y compris la localisation précise des utilisateurs, voire de l'intelligence artificielle avec la reconnaissance faciale et la précision des comportements (ce que font déjà très bien Google et Youtube, par exemple), Tous ces écrans et distributeurs pourraient bientôt disparaître, de même que les cartes Navigo (et bancaires en général). Eh Chine, il n'y a plus de que des téléphones. Rêve ou cauchemar... l'avenir le dira sans doute.

Alors, avec des trains autonomes et gares automatisées, faudra-t-ii encore du personnel ? Voir plus loin.

5. Des voyageurs


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De gauche à droite : voyageurs de 1ere classe, par Daumier (1864), Les occupants. Le voyageur inconnu. Des scouts partant pour une rencontre diocésaine (Maisons, vers 1980), Tous connectés !

C'est peut-être ce qui change le moins. Encore que Covid et télétravail.... Cela mériterait une étude plus profonde.

5. Le personnel : les cheminots et quelques autres


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Les métiers d'autrefois : mécanicien et chauffeur de locomotive, aiguilleur, chef de gare.

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Les métiers qui montent : sur place, police et médiation, à distance, surveillance et pilotage.

Ce que Zola a puissamment compris, dans "La bête humaine", c'est que le train est aussi une formidable aventure humaine. (Et l'histoire se passe sur notre ligne Paris-Rouen). Déjà, chez lui, le distanciel se conjugue avec le présentiel. Le contraste, voire la violence de cette opposition s'exacerbe aujourd'hui. Hier, le guichet séparait le voyageur de l'employé qui vendait les tickets. Ici, le réseau, disons le cloud, séparent le personnel des centres de pilotage et les voyageurs... et il devient donc essentiel de rétablir le "contact", que ce soit pour le sourire et la douceur (médiateurs) ou la force menaçante (personnel de sécurité sur-armé).

Rappelons que la SNCF a aussi été très tôt un lieu important pour la lutte syndicale, car les salariés, "roulants" en tête, disposent d'un formidable pouvoir de blocage.

Voir notre page dédiée à la SNCF. et la partie ferroviaire de données plus anciennes sur les transports.. (document à réviser).

On lira aussi :
- avec plaisir (et facile à trouver) "Mémoires d'un enfant du rail" (Henri Vincenot, 1980)
- avec intérêt, mais plus austère (et plus rare) "Métier d'homme" (Raoul Dautry, 1937).

Mais nous verrons aussi sur la place de la Libération qui est aujourd'hui notre "place de la gare", que le commerce pourrait aussi jour un rôle plus important dans l'avenir.

Notes


Souvenirs de Dom Coutel ......, Nous accédions à l'ancienne gare par 2 entrées exclusivement coté poste actuelle l'une percée dans le mur cotée gauche de la gare longtemps mitoyen d'un ...urinoir publique ...en fait un mur zingué !!! l'autre entrée sur le bâtiment même , (la porte de droite de la gare était souvent close) .... également à gauche , les 2 premiers guichets de face en rentrant délivraient les tickets et renseignaient sur les horaires et le prochain train, le 3 -ème était dévolu aux grandes lignes et l'expéditions des vastes malles en osier que nous utilisions pour les grandes vacances qui duraient du 1 juillet au 1 octobre !! , nous les faisions peser sur une large balance pour les gros volumes, chaque fois nous nous amusions à voir nos faibles poids d'alors ...et immanquablement notre père devait sacrifier qlq pièces de 20 francs à la machine automatique distribuant d'insipides bonbons 100% chimiques , mais dont nous raffolions.
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..Au cote droit de cette machine magique était le kiosque à journaux ou le matin une longue queue attendaient, pour y acheter leur quotidien afin de suivre les événements de la guerre d'Indochine et ensuite d'Algérie , en fait notre génération de baby boomer fut bercé par les guerres ..
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Pour gagner le quai nous passions par le sas de la salle d'attente , un banc courrait tout autour de la pièce , grand espace clos à droite au fond trônait un énorme radiateur en période froide et elles étaient singulièrement bien plus longue et rigoureux que maintenant , se souvenir de l'hiver 54 et de l'abbé Pierre ! , nous aimions nous coller à ce radiateur...emplacement choyé aussi par les clochards , nous ne disions pas SDF.. , personne n'aurait eu l'idée de les en déloger, les temps étaient difficiles et les (très )mal logés une foule s'importance , chaque grandes villes avaient ces bidonvilles.
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Au sortie de cette salle d'attente une 2 éme porte qu'il fallait pousser pour gagner le quai.., quand le train arrivaient dans un panache de fumée et de grincements de tous les freins et des boggies nous n'étions pas "noir de suie" la cheminé des locomotives recrachant principalement de la vapeur d'eau et de la fumée chargée d'escarbilles qui si elles piquaient les yeux ne pouvaient nous brûler sinon à la belle saison les champs et campagne parcourus par les milliers de km de rails ne seraient plus qu'incendies ..

Autres notes

Le marchand de légumes dans la gare : www.lepotagerdediane.fr