Place de la Libération : Du trou Sautereau au "pôle gare"


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De gauche à droite :
- le trou Sautereau sur le cadastre napoléonien (1820),
- la place selon Google maps,
- la place sur le PLU de 2017


Tous nos remerciements pour les cartes postales, photos et informations à Jacques Lutz, Dom Coutel et Oivier Faure.

Retour aux rues et places . Retour à l'accueil mansonnien . Dernière révision le 17/2/2022
Voir aussi la gare
Sur l'ambiance politique du quartier voir Bureau de vote no 14 . Bureau de vote no 15

Autant Longueil concentre beautés et plaisirs, autant cette place n'est, depuis 50 ans, qu'une zone de transif mal organisée et mal équipée. Que peut-on espérer, ou proposer, pour l'avenir ?

Relisons son histoire, d'aussi loin que possible, et déroulons le très actif cinéma de son développement jusqu'à nos jours. A première vue, c'est la simple réalisation locale du mouvement économique et de la montée des machines en tous genres, qui s'y croisent ici à qui mieux-mieux (pour être optimistes). Mais les machines transportent des êtres humains, et ce sont eux qui posent les questions les moins bien résolues.

Sommaire :
1. Il était une fois le petit trou Sauthereau... et puis...
2. Une complexe zone de transit
3. En attendant le "plan gare", quelques idées comme ça
Documents complémentaires et références

1. Il était une fois petit trou... et puis...


Il était une fois un petit trou tranquille à l'Ouest du village, propice aux légumes par exemple.C'était "le trou Sautereau" Une légère dépression dont les eaux allaient (?) vers la Seine en passant au pied de la Croix Castel. Un lieu passant, quand même, au bout du chemin des Petits Bois qui s'ouvrait là sur les chemins de Poissy et d'Achères, sans oublier Saint-Germain,

Et puis ces messieurs du château sont venus avec des conseillers prendre des mesures. On a entendu parler d'un chemin de fer...Queques parcelles ont été expropriées. Et puis un beau jour est arrivée une armée de terrassiers et de tombereaux et de longues tranchée se sont ouvertes, l'une vers Achères à travers la forêt, l'autre vers la Seine et un grand pont, profitant de l'île et conduisant vers Sartrouvile, et Paris bien sûr.

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Puis sont venus les rails, une longue double ligne d'acier. Les terrassiers n'ont pas chômé. Trois ans après le début des travaux, la ligne était inaugurée, avec une énorme fête au château.Et, au fond de notre trou, zone plate bien adaptée, un petit abri s'est installé pour accueillir les voyageurs. Ils n'ont pas chômé.

Les trains étaient bruyants et faisaient de la fumée. Mais bon...Mais surtout, ils ont radicalement changé l'ambiance. Ils n'étaient pas là pour faire joli dans le paysage, mais pour attirer des propriétaires dans la "colonie" (qu'on appelle aujourd'hui le parc). Mais d'un coup le chemin des Petits Bois devenait une vraie avenue (Lonueil) , et le trou tranquille devenait une "place de la Gare" qui s'entourait peu à peu de maisons, de magasins, d'un petit hôtel pour voyageurs de commerce... et de commerces tout court bien sûr, par exemple, très vite un magasin-réparateur de bicyclettes.

La circulation, de plus en plus importante, exigeait un pont au dessus des voies. Avec de nouveaux remblais qui renforçaient la fermeture vers la Seiine, avec juste l'ouverture sous le pont.

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A gauche, le trou de la gare de marchandises. A droite, l'avenue de Poissy qui domine, large, avec de grands immeubles et quelques arbres.

La gare d'ailleurs se développait. Un bâtiment standard remplaçait l'abri d'origine. Et une gare de marchandises s'installait en contrebas de l'avenue de Poissy. Du trou tranquille, il restait un trou sans grâce entouré de palissades, avec quelques petits wagons et des dépôts de matériaux (le tas blanc pourrait être du minerai de borax ?). Car le train permettait aussi de développer des entreprises industrielles : une usine de borax au delà de ce qui était devenu la rue de Mexico, et un chantier naval en bord de Seine.

Pour cette population qui s'accroissait, villas et petites maisons ne suffisaient plus et de grands immeubles se construisaient à l'entrée des avenues de Poissy et de Saint-Germain. Sur des cartes postales bien cadrées, l'on ne voyait qu'eux et la petite ligne d'arbres qui en faisaint une avenue au sens propre du terme.

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A gauche la gare de marchandisees est bien présente. A droite, l'espace est dégagé pour les voyageurs revenant du travail

Mais ces nouveaux riverains ont bientôt vu la gare de marchandises comme une nuisance. La Compagnie de l'Ouest l'a déplacée un peu plus haut, au coin des rues d'Achères et Puebla. Toute une ambiance locale, avec un café-restaurant pour les cheminots, puis une passerelle vers le nouveau marché.

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A la Libération, la place était renommée, tout cet espace réaménagé en beauté, avec une grande croix de Lorraine. Elle sera bientôt sacrifiée à la nouvelle divinité : la voiture.

Mais cela ne suffisait pas encore. Alors on a creusé le trou pour un parking souterrain, pour les voitures et pour les vélos (qu'il a fallu fermer car impossible à protéger contre les vols et les déjections).

Pour faire passer le RER, une quatrième voie était nécessaire. . Cela supposait la construction d'un nouveau pont, de plus grande portée. On en profita pour l'élargir et, pour une fois, donner de la place aux piétons (mais rien pour les cyclistes).

Cela impliquait aussi la destruction de l'ancienne gare, de toutes façons mal adaptée aux services d'aujourd'hui. (Voir le document des archives municipales) Faute de crédits pour en concevoir une vraiment adaptée à Maisons, on reprit le design d'une autre gare...plutôt déplacée dans cet environnement, mais efficace.

2. Une complexe zone de transit


Autour du triangle central consacré aux autobus (le 262 et les lignes vers le parc et vers Saint-Germain) et aux taxis, la place s'organise en trois lignes : rue d'Achèresavenue de Gaulle, rue d'Achères, voie ferrée.

Les trois bords de la zone



Côté rue d'Achères
Commercial au coin de la rue Saint-Nicolas, prolongeant De Gaulle. Puis sanitaire et sociale, avec le laboratoire, le cabinet médial, l'assistance. Et finissant dans la tradition "pavilonnaire" mansonnienne avec trois jolies villas.
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Côté avenue De Gaulle
Une belle ligne de commerces, depuis le restaurant Istanbul jusqu'à la fleuriste. Beaucoup de variété. Mais trottoirs étroites et parking difficile (un peu plus facile pour les vélos au fil des ans).
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Coté gare
C'est la gare elle-même et l'ouverture sur les voies. Avec une grande ligne d'arceaux à bicyclettes... l'ancien parking pour vélos abandonné.

Le noeud de toutes les circulations


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De gauche à droite : la "natioinale 308" (ce panneau Michelin est toujours en place avenue Longueil), les taxis, la caléche (quand elle est là)... et les armoires de connexion pour les télécommunications.

C'est un lieu très "passant" par nature et de multiples points de vue :

- la gare elle-même, avec les trains et les autobus, relation majeure avec Paris ; pour les travailleurs, promeneurs et touristes, mais aussi pour une population qui a de quoi déplaire aux Mansoniens. "La gare nous amène la racaille de Cergy" m'a-t-on dit ;
- du fait de la gare, le parking auto et les vélos (bien que le parking vélo prévu à l'origine ait été fermé, que ce soit parce qu'il facilitait les vols ou parce que son plancher manquerait de solidité)
- deux lieux de restauration à consonance étrangère : le Kebab "Istanbul" et l'Emmanon, maintenant tenu par des Chinois, et un peu plus loin dans l'avenue de Saint-Germain, le restaurant-pizzeria
- épicerie et boulangerie, qui fournissent aussi de quoi se restaurer sur place.

L'espace a été fortement divisé (volontairement ?), de sorte qu'il ne se prête pas à des réunions importantes, même si la brocante l'envahit (si elle reprend) une fois par an et si le petit espace devant le monument au général de Gaulle accueille une petite célébration le 18 juin.

Et c'est là, ou à proximité, que viennent parfois échouer des malades en tous genres, avec intervention du Samu ou de la police.

La mairie a installé des caméras de surveillance, dont l'utilité en cet endroit ne fait guère de doute, même si on n'aime pas cet outil indiscret... On y voit aussi relativement souvent des voitures de police, plutôt pour des interventions en gare.

Bien que rendu aussi peu accueilant que possible, de petits groupes se forment souvent. Soit dans le renfoncement à gauche de l'entrée de la gare, soit en haut de la rue Croix-Castel, ou sur les talus gazonnés. Notamment des jeunes attendant les bus.

3. Quelques idées pour l'avenir, en attendant le "pôle gare",


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Que devienda cet immeuble qui date du 19eme siècle, et qui est en pointe sur un des projets du PLU ?

L'avenir de cette place ne dépend pas seulement de la commune, mais de tous les acteurs qui y interviennent, privés ou publics.

On peut s'attendre pour l'avenir :
- à une augmentation du trafic poids lourds si le nouveau port d'Achères se confirmait ; à moins d'une peu probable déviation de la 308 par les bords de Seine ;
- à une stabilisation de la circulation automobile, Covid et télétravail aidant ;
- à une montée des télécommunications (5G) avec de possibles nuisances ;
- à une augmentation des mobilités douces (vélos; patinettes) ;
- aux nuisances sonores qu'apportera Eole.

Pour l'instant, sur le PLU (plan local d'urbanisme, 2017, voir image en tête de l'article), un seul projet est attendu ici, mais bien visible : entre De Gaulle et Saint-Germain, la maison occupée actuellement par la Banque Populaire... qui l'a d'ailleurs rénové tout récemment.

Et on entend parler d'un grand projet "pôle gare" qui serait mené par la CASGVS (communauté d'agglomération Saint-Germain boucles de de Seine). Mais rien n'en a filtré à notre connaissance.

Reste qu'il y aurai toujours ici de nombreuses personnes passant d'un mode de transport à l'autre. Avec souvent des moments d'attente assez longs (et qui n'ont même pas de toilettes à proximité).

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De gauche à droite : distributeurs de confiserie en gare, pickup de la Poste, espace commercial à la gare Saint-Lazare;

Alors, soyons naïfs, n'y aurait-il pas moyen de changer l'ambiance et de rendre ce pôle sympathique, convivial, voire économiquement attractif ?

Il y a au moins deux espaces assez importants qui pourraient se libérer
- le parking vélos, que l'on pourrait recouvrir d'une manière ou d'une autre pour avoir de la surface au sol
- les locaux rendus disponsibles en gare par la fermeture des guichets.

Mais on ne peut se contenter d'ouvrir simplement ces espaces. Cela ne ferait qu'amplifier les désordres que l'on y constate déjà un peu. Y multiplier, en parallèle, comme la SNCF, des médiateurs/animateurs et des policiers. Les coûts seraient dissuasifs.

Alors, ne pourrait-on pas jouer sur les commerces ? La SNCF le fait déjà un peu (accueil de produits frais locaux sur la passerelle, distributeurs de boissons et confiseries, presse, zone pickup en partenariat avec La Poste), et le fait à grande échelle à la gare Saint-Lazare.

Car les commerces apportent à la fois surveillance et convivialité... Mais peut-être que la CASGBS y a déjà pensé, ou nous mitonne quelques belles innovations... Espérons !

Références documentaires
Images, photos, cartes postales


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