1901-1910 ; Une "Belle époque" agitée !



Deux images "populaires" de la belle époque.

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Les belles cartes postales coloriées appuient la légende d'un âge d'or tranquille et florissant, presque champêtre. Oui, la ville est belle, solidement encadrée par de grands bâtiments de pierre : mairie, asile maternel, église, écoles imposantes rues du Prieure et Saint-Nicolas, sans oublier le grand internat de jeunes filles, au coin de la rue du Fossé (aujourd'hui, services techniques de la mairie). Longueil est presque telle qu'aujourd'hui, depuis la Pharmacie du Parc (no1) jusuqu'aux cafés-restaurants à la gare et de l'autre côté du pont, les deux grands immeubles qui entourent l'entrée de l'avenue de Saint-Germain.

Le parc est presque encore celui voulu par Laffitte : de grandioses villas dans un immense espace vert. La bourgeoisie parisienne vient s'y reposer, comme le raconte Martin du Gard. Jean Cocteau naît place Sully. Lebaudy lave sa voiture au champagne (date à préciser).

La population s'accroît rapidement, 6.730 habitants en 1901, 9.674 en 1911.
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L'ordre règne. Le conseil municipal n'a même pas voulu qu'on écrive "Liberté, égalité frateriité" sur la Mairie, bien que ce soit légal. Mais

La belle époque continue dans un riche contexte général, et c'est l'âge d'or des cartes postales. Uné époque qui fait rêver aujourd'jui encore.

La décennie est fortement marquée par le laïcisme, non seulement par la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, mais par des mouvements locaux.

La population continue sa rapide croisssance : : 6 730 habitants en 1901, 8 149 en 1906, 9 674 en 1911, soit encore 40% de plus en dix ans. L'urbanisme et l'économie aussi. Apparaissent des nuisances de type écologiques.

Un paradis vert ? Ne rêvons pas. Avec sa caténaire, ses rails et son bruit de ferraille, le tramway traverse la ville, du pont à la mairie. Les trains, à chaque passage, sifflent et crachent leur fumée. Comme le font les cheminées du chantier naval en bord de Seine et surtout celles de l'usine de Borax, rue de Mexico. Et sans doute bien d'autres petites usines et ateliers. Et souvent le vent apport les odeurs des épandages d'Achères.

Les voitures se multiplient, bruyantes elles aussi, , et elles n'ont pas de pot catalytique pour nettoyer leurs gaz d'échappement.

L'eau elle-même devient problématique. Les puits deviennent insuffisants et on s'inquiètent de leur qualité. L'usine des eaux (si elle fonctionne encore) n'a pas le débit suffisant. Et l'eau de la Seine commence à pâtir des égouts parisiens. C'est tout de même elle qui sent encore pour la lessive et pour les "bains froids".

Alors, tout le monde se plaint
- les commerçants de la rue de Paris à cause de la circulation,
- les jockeys à cause de leur condition sociale... les ouvriers peut-être (mais nous n'en avons pas trace locale).
- les habitants du parc, qui s'estiment traités injustement par rapport à la ville, qui revendiquent une commune indépendante...

Pour oublier, on boit beaucoup. Les cartes postales nous montrent l'abondance des cafés, mais aussi de boutiques spécialisées en "boissons alcoolisées".

Comme le raconte un mansonnien d'aujourd'hui : mon grand-père était maçon Il partait tous les matins avec sa musette chercher un emploi pour la journée. S'il n'en trouvait pas, il ne pouvait guère revenir au logis, où son épouse n'avait déjà pas assez d'espace pour les travaux ménagers et les soins des enfants.

Là-dessus vient gronder un laïcisme militant. Des associations de libre pensée se forment. Et bientôt la loi de 1905, séparation de l'Eglise et de l'Etat, se traduit concrètement à Maisons. C'est la fin des soeurs à l'internat de jeunes filles comme à l'asile maternel.

... Heureusement arrivera la guerre, et tout le monde se réconciliera dans l'union sacrée sous l'égide de la chambre bleu horizon... mais ceci est une autre histoire.



Urbanisme et immobilier


Nous avons aux Archives un beau plan, que nous commentons dans nos pages "rue par rue". Dès cette époque, par exemple, Longueil et les rues adjacentes sont intégralement bâties, d'une manière que ne changera quère jusqu'aux années 1990.

A la Belle Epoque, c’est la ville qui prend vie, avec sa nouvelle mairie, ses écoles… une marée diversifiée de pavillons de tous styles, et de hauts immeubles. Une anarchie un peu incohérente, avec les flancs aveugles des immeubles qui écrasent les pavillons voisins. Mais qui s’en soucie, à l’époque ?

Et l’industrie apporte une autre animation, avec ses chantiers, ses charrois de matériaux et de déchets. Les cheminées de l’usine du Borax se profilent au dessus de la place de la gare. Le chantier naval en bordure de Seine a remplacé les vaches et les chasseurs par des yachts de compétition.

Il faut loger cette population, cette petite classe moyenne. A l’époque, une situation stable mais même modeste permet de s’offrir un bout de terrain et d’y faire construire un pavillon, ou au moins de louer un appartement. C’est la ville que nous montrent les cartes postales, un peu menteuses car elles sont faites pour plaire, mais qui témoignent d’une ville fière d’elle-même.

Le parc, lui, reste stable, grâce à son Association Syndicale et à la vigilance de ses présidents. Mais il y a aussi de grandes constructions; Par exemple, entre 1908 et 1912, le milliardaire américain Frank Jay Gould fait construire la villa Edifra, presque un palais.

Maisons, comme toute l'époque, est fortement inégalitaire. Au splendeurs du parc s'oppose la dégradation de la vielle ville, dont la rénovation attendra les années 1980 et 90.

La vie quotidienne est toujours très lourde, notamment pour les travaux ménagers . D'où la forte proportion de femmes au foyer et de domestiques. Le monde du cheval ne fait pas exception : en 1909 les jockeys syndiqués empêchent une réunion?

L'électricité se généralise, avec une intervention du maire en 1910.

Le marché ne se tient plus sur Longueil, mais est transféré à la "place publique"

Les nuisances "écologiques".




De village agricole et propriétés seigneuriale, Maisons devient quelque peu industrielle, avec le chantier navalen Bords de Seine, qui a son pendant à Sartouville (chantiers Jouët).

Le bâtiment est l'activité qui occupe le plus de main d'oeuvre, certains entrepreneurs emploient jusqu'à 150 voire 200 ouvriers. (J. Barreau)

Les commerçants de la rue de Paris se plaignent des nuisances de la circulation. Apparaissent, ô horreur, les taxes de stationnement (1901) et en 1905, les panneaux de limitation de vitesse pour les automobiles : 12 kmh. L'air devient irrespirable rue de la Muette du fait des voitures. (Est-ce une conséqence de la présence du camp Galliéni ?)

On crée (ou déplore ?) une décharge_publique_dans_le_Saut_du_Loup 1906 (Barreau_MLMag)

On se propose de construire de nouvelles lignes de tramway dans le département, au prix d'une imposition extraordinaire en 1910-1912 pour une ligne Maisons-Laffitte Saint-Germain-en-Laye .

Mais les riverains de l'actuelle place de la place de la Libération se plaignent des nuisances de la gare de marchandises. La SCNF de l'époque achete un terrain à l'angle des rues d'Achères et Puebla. pour y transférer ces activités (ce terrain est aujourd''hui occupé par les immeubles de La Sablière, filiale de la SNCF).

L'eau aussi, fait problème. Parfois il y en a trop, comme en 1910 avec la crue de la Seine, illustrée par maintes cartes postales. Mais aussi pour l'eau potable : l'eau de Seine devient imbuvable. Les puits naturels ne suffisent plus. Un rapport spécial est établi en 1905 par Léon Janet. La solution, gâce à l'ingénieur Etienne Pérous, commencent en 1909 le forage du puits artésien (entre l'actuel hôtel Ibis et le pont).

La politique


En 1902, Maurice Duverdy devient maire, et le restera jusqu'en 1935. Il s'intéresse assez peu aux menaces de démolition du château.

En 1909, (Poisson p. 101) "on était en période de troubles sociaux : le 14 juillet, le syndicat national des garçons d'écurie, affilié à la CGT, arrêta les chevaux du grand steeple qui se rendaient sur la ligne de départ pour les empêcher de participer à la compétition".

La culture et le sport


La culture se développe sur deux plans : le château que l'Etat acquiert en 1905 avec la création des Amis (voir l'article de Jacques Marec) et "le peuple" : en 1910. la Commune acquiert la propriété de Max Lebaudyn pour en fare un jardin public et construire un kiosque à musique, qui sera plus tard remplacé par la salle Malesherbes.

Outre le 14 juillet, il y a maintenant une fête communale.

En ville, les terrasses mordent sur la voie publique.

Il y avait déjà l'USML. En 1901 se crée l'Union athlétique de Maisons-Laffitte et en 1906 l''Association Sportive de Maisons-Laffitte. (Il faudrait préciser les relations entre ces associations et la municipalié).

L'hippodrome se dote de nouvelles tribunes en 1902.

En 1907, c'est la première Fête sportive annuelle. "Le Tout-Paris se presse à ces fêtes où il goûte d'un confort peu répandu à l'époque pour les nuits d'été ventilation au plafond pour les nuits d'été, :chauffage perfectionné pour les soirées trop fraîches" écrit Jacques Barreau.

Cerise sur le gâteau, en 1909, un jockey affronte le boxeur Georges Carpentier.

La religion


Au mois d'avril 1903, les Frère marianistes de la rue du Fossé se voient notifier par le commissaire de police de Saint-Germain l'arrêté d'expulsion prononcé contre eux en vertu de la loi sur les congrégations votée par le Parlement. Ils regagnent leur maison mère à Ris-Orangis, laissant l'école aux soins d'un personnel civil, sous la direction de supérieur, M. Acker, marianiste sécularisé.

Déjà, l'année précédente, les trois soeurs dites Soeurs des écoles chrétiennes de la Sainte Enfance" qui géraient depuis 1863 l'Asile (école maternelle) en face de la Mairie, avaient dû quitter les lieu et laisser place à un personnel laïc, malgré un avis favorable à leur maintien du Conseil municipal" (Jacques Barreau)

Au début du 19eme siècle, on note la création de plusieurs associations mansoniennes plus ou moins explicitement anti-religieuses :
- Comité républicain anticlérical (1903)
- Union démocratique des libres penseurs (1907)
- Comité républicain radical (1908)
- Pas directement antireligieuse, mais sûrement loin du monde ecclésiastique, l'Etoile prolétarienne (1926).

A cette époque, les catholiques sont encore très fortement présents à Maisons-Laffitte comme ailleurs. Pour les catholiques de ce quartier se construit alors la chapelle Sainte-Thérèse, dans un style maniéré qui a été ramené à la simplicité après-guerre (voir cette époque).
Outre les lieux de culte et le clergé, il y a aussi beaucoup de « bonnes sœurs », avec au moins deux couvents, un avenue Eglé (reconverti en Ehpad, le Belvédère) et un avenue de Saint-Germain (bâtiment détruit en 2021).
Les catholiques ont aussi leurs propres écoles (toujours service), rue du Fossé. Ainsi qu’une importante surface de locaux paroissiaux, abritant par exemple aujourd’hui le secours catholique.

Mais se créent aussi, bien entendu, des associations mieux pensantes.

C'est probablement à cette époque qu'est baptisée la rue de la Procession, aux frontières entre Maisons et le Mesnil, peut-être pour tourner l'interdiction des processions par la loi de séparation en 1905. La quelle en revanche permettra à l'Eglise de continuer à utiliser ses clochees pour annoncer ses cérémonies, ce qu'elle fait toujours, qu'il s'agisse de messes ou d'événements de la vie comme les mariages et les obsèques.

L'Eglise connaît de beaux moments de vie avec la création de deux monastères de religieuses (dates à préciser)
- un rue Eglé, maintenant transformé en Ehpad (Le Belvédère), d'une manière qui en a respecté l'allure, y compris la chapelle sur le côté droit)
- un avenue de Saint-Germain, abattu en 2021.

Le point le plus fort, c'est sans doute les deux écoles Sainte-Marie, rue du Fossé, toujours très actives. Et le vaste espace paroissial avec un local non négligeable pour le Secours Catholique.
Mais l'école laïque à le front haut, avec l'inauguration des nouvelles écoles.. alors que l'ancienne église devient le lieu officiel de distillation.

André Couard devient curé en 1919 et le restera jusqu'aux années 1950. Il dispose de plusieurs vicaires.