La démocratie, mère de la gouvernance

- Vote par correspondance : Vers une démocratie on line ? (Vudailleurs 14/11/2020)

La démocratie, ce sont d’abord des principes. Les décisions sont prises par le peuple. Des valeurs essentielles sont affichées : liberté, égalité, fraternité. Séparation des pouvoirs. Mais aussi écriture d’une constitution : l’État de droit, c’est un texte

Ces principes se concrétisent dans des processus : élections, bulletin secret. Plus ou moins de corps intermédiaires. Dans une démocratie avancée, ces processus sont compliqués. Le code électoral à lui seul est un imposant ouvrage.

Ces processus s’appuient sur des outils technologiques : urnes, isoloirs… salles des assemblées…

La démocratie a ses points faibles, relevés dès le XVIIIe siècle par Tocqueville. Récemment, selon Berggruen et Gardels (voir Huet et Neiter, qui commentent) :
- elle doit être protégée contre les intérêts particuliers et les -jeux politiciens dominés par des pressions populistes court-termistes,
- lorsque les citoyens doivent trancher sur des questions dépassant leurs compétences, l’idéologie a tendance à prendre le pas sur le pragmatisme.

En 2019-2020, le concept de « civic tech », outils techniques pour encourager les citoyens à participer à la vie politique, a eu un certain succès.

Le niveau de démocratie peut se mesurer arec le Democracy Index produit par The Economist Intelligence (EIU).

Les systèmes informatiques, une démocratie ?

Comme les outils informatiques (et tous les objets) sont de plus en plus autonomes (et connectés), on pourrait regarder leur histoire comme la montée d’une sorte de démocratie de plus en plus évoluée.

Très tôt, le coût exorbitant des machines à conduit à en partager l’usage, avec le « time sharing ». Puis, comme les différentes applications d’une entreprise, et les différents périphériques, avaient des contraintes temporelles différentes, on est passé, sur les mainframes, à la multiprogrammation, orchestrée par les systèmes d’exploitation.
Quand les ordinateurs personnels ont commencé à être connectés sur les grands systèmes, on a commencé par un mode strictement « monarchique », le « maître-esclave ». Le monde industriel a développé la « commande hiérarchisée » (avec par exemple le livre
Commande hiérarchisée et optimisation des processus complexes, par André Titli (Dunod, 1979).

Puis s’est imposé le mode client-serveur, pour une informatique d’abord « distribuée », puis « répartie ». Un pas de plus a été franchi avec Internet et le « pair à pair ».

Ajourd’hui, n’importe quel smartphone est géré par un système d’exploitation qui gère un grand nombre de fonctions, depuis les applications directement appelées par l’utilisateur jusqu’aux multiples fonctions cachées qui assurent par exemple la localisation … ou de simples alarmes quand la pile est trop déchargée. L’informatique d’aujourd’hui, c’est donc le fonctionnement « démocratique » de milliards de machines largement autonomes. Et de dix ou cent fois plus demain avec l’Internet des objets.

Les expériences de Desor : ne croyons pas à un paradis démocatique

Chez les humains comme chez les animaux, notamment les rats (voir ce mot, pouvoir varient depuis la volonté de puissance sans limite jusqu’à l’acceptation sans résistance, voir à la satisfaction masochiste. D’où une pente naturelle de toutes les sociétés vers des monarchies absolues et liberticides.

Comme pour les relations sexuelles, les humains répondent à ces tendances « naturelles » en développant :
- des technologies matérielles : le vêtement pour le sexe, les murs et l’organisation urbaine pour la protection des la mise en place des pouvoirs,
- des technologies logicielles : l’éducation et la loi.
Mais les technologies peuvent aussi être utilisées pour accentuer les désordres, et les troubles sexuels comme les dictatures ne disparaissent jamais. Y a-t-il progrès ? Les avis sont partagés !

 

 

- Un site sur chaque député datan.fr

Liens et références

(Entre mille autres)

- Des patrons américains s'engagent en faveur du droit de vot (Les Echos 13/4/2021)
- En Syrie, c'est aussi un peu de la démocratie occidentale qui s'est éteinte (Les Echos 22/3/2021)
- A gauche, les plates-formes d'idées cartonnent (Le Parisien 11/3/2021)
- Les exécutifs face à la lassitude des opinions (Le Monde 23/2/2021)
- Décentralisation, cet autre "séparatisme" qui nous menace (Marianne 19-25/2/2021)
- La Ve République bousculée par la crise sanitaire (Le Monde 14-15/2/2021)
- Open Democracy par Hélène Landermore (Princdeton University Press 2020). De grandes idées, contre la démocratie représentative. Juste un cas d'école, islandais.
- Le Covid-19 offre un cas admirable et douloureux de dépendance. Bruno Latour (Le Monde 13/2/2021)
- Droits culturels, une révolution à bas bruit (Le Monde 30/1/2021)
- Projet de loi sur les "principes républicains", le sérieux, l'ambition et la responsabilité font défaut (Le Monde 29/1/2021)
- Macron et le spectre de la désobéissance civile (Le Parisien 27/1/2021)
- Face à la pandémie, la capacité de consentir aux décisions de l'Etat semble épuisée (Le Monde 27/1/2021)
- Démocratie obsolète (Marianne 15-21/1/2021)
- Conseil citoyen et vaccination, le risque du contretemps (La Croix 8/1/2021)
- La proportionelle revient dans le débat (Le Monde 23/12/2020)
- L'alliance violente des "ultras" et des black blocks (Le Monde 20-21/12/2020)
- Défiance : qui a tué les politiques (Les Echos 27/10/2020)
- Hacktivistes : quand les artistes s'engagent (Gouvmeth 12/12/2020)
- Changer le monde ? Mais vite... Badré, De Villiers (Gouvmeth 10/12/2020)
- Ce qu'il faut de courae. Plaidoyer pour le revenu universel par Benoit Hamon (Equateurs 2020)
- Une note sur les intrusions dans les élections.
- Mettre les jeux vidéo au service de la démocratie Gouvmeth 24/7/2020
- "La constitution a fourni des règles qui nous permettent de résoudre nos différends" Jeffrey Rosen, dans (Le Monde 11-12/11/2020)
- La proportionnelle refait surface pour 2022 (Le Monde 27/8/2020)
Aux armes, citoyens ! Gouvmeth 14/7/2020
- Un cap est franchi dans le basculement vers les démocraties de l'abstention (Le Monde 3/7/2020)
- Le référendum consultatif serait un bien mauvais service à rendre à la démocratie (Le Monde 24/6/2020)
- Pour déconfiner la France politiquemnet, il faut reconnaître la compétence des citoyens (Le Monde 24/6/2020)
- Imposer les Gafam en nature, c'est à dire en données Gouvmeth 23/6/2020
- Convention citoyenne : un grand moment pour la gouvernance Gouvmeth 20/6/2020
- Les démocraties vont devoir faire place aux citoyens (La Croix 29/5/2020)
- La science citoyenne et la démocratie interactive pour gouverner l'incertain (Le Monde 8-9/5/2020)

- Le site de la Cnil sur les Civic Tech
- Un gos document de la Caisse des Dépôts sur les Civic Tech. Hélas il n'est plus en ligne au 3 juin 2020 (nous en avons copie)
- >L’homme inutile. Une économie politique)du populisme, par Pierre-Noël Giraud (Odile Jacob 2018)
- The People Vs. Tech. How Interneet is killing democracy (and how we save it), par Jamie Bartlett (Penguin 2018)
-Pratique républicaine par Erwan Andaloussi (Chapitre.com 2017)
Explorations terminologiques
- Weapons of Math Destruction. How Big data increases inequality and threatenZooms Democracy, par Cathy(CC O’Neil (Crown, 2016)
- Liberation Technology. Social Media and the Struggle for Democracy par Larry Diamond et Marc Plattner (John Hopkins 2012)
- Google Démocratie, par Laurent Alexandre et David Angevin (Naïve 2011).
- La démocratie de notre temps, par Marcel Gauchet, Pierre Mannent et Alain Finkielkraut (Tricorne, 2003)
- Démocratie et télésurveillance, par Stéphane Callens (Septentrion 2002)
- Multiculturalisme. Différence et démocratie. Par Charles Taylor (Aubier, 1992)
- La machine égalitaire par Alain Minc (Grasset 1987)
- Démocratie française, par Valéry Giscard d’Estaing (Fayard 1976)
- Démocratie en temps réel par Pierre Berger Le Monde 3/7/1971
- Walden and Civil Disobedience par Henry David Thoreau (Ticknor 1854
- De la démocratie en Amérique, par Alexis de Tocqueville (1840)
- Du contrat social p par Jean-Jacques Rousseau (1762)
- Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, par Jean-Jacques Rousseau (1754)
- L’esprit des lois, par Montesquieu(1748)
- Le Prince, par Machiavel
- Platon et Aristote.
- Voir Notre partie historique